Sunday, September 21, 2008

Palliser : Troisième partie

Au matin du troisième jour, notre état n’allait pas s’améliorant il ne fallu pas beaucoup de temps pour s’entendre tous trois que le temps du retour s’imposait. Ce, malgré le fait qu’aucun de nos objectifs de départ, soit Mount Sir Douglas et le glacier Haig, n’aient été atteints. La North Kananaskis Pass est un lieu à haut risque d’avalanche et les variations de température quotidiennes ne présageaient rien de bon. Nous n’avions pas les coordonnées GPS du refuge des agents de la faune dont nous avions les clés et avions beaucoup de distance à parcourir avant de l’atteindre : il n’était pas dit qu’il nous serait possible de nous y rendre avec toute cette nouvelle neige au sol. Le déjeuner fut consommé, notre moral était aussi bas que la température.

Contact radio établi, nous avons confirmé notre itinéraire avec les agents de la faune, et nous sommes mis en marche.

Le retour nous pris environ six heures. Gravir North Burstall Pass n’avait rien d’aisé. Mais nous savions que South Burstall Pass, que nous avions emprunté à l’aller, n’aurait pas été plus facile, et au moins North Burstall proposait un nouveau parcours : un peu de changement pour alléger la déprime. Il nous fut possible de suivre de façon approximative le tracé du sentier de randonné (enterré sous trois mètres de neige) grâce à la triangulation des données altimétriques, GPS et de nos observations visuelles. Au moins comme cela nous étions sûrs de ne pas nous butter contre une bande de roche empêchant notre montée. Les vents tout au haut de la passe balayaient le sol avec force ; nous progressions lentement sur des surfaces neigeuses dont la qualité variait beaucoup. Toute notre attention allait à la sélection de notre route. Le risque d’avalanche qui avait décidé de notre retour encore une fois allait fixer les modalités de notre progression.

Une fois de l’autre côté de la frontière entre le parc national de Banff et le parc provincial de Spray Lakes Valley, nous avons fait la rencontre de skieurs hors-pistes téméraires : deux femmes et un homme âgé. Pas le profil habituel. Ils avaient installé dans la neige épaisse des traces qui allaient nous permettre de descendre rapidement les sections moins pentues de notre parcours.

Puis, tout au bas de la passe, il ne nous restait que les lacs Burstall à traverser (la surface plane de ces réservoirs gelés propose un parcours plus direct et rapide que le sentier sur les berges de ceux-ci). Cinq longs kilomètres avec Joe à la traîne : ce dernier perdit deux ongles quelques jours plus tard, ses bottes se révélant trop serrées pour lui…

Au stationnement, dernier contact radio, puis nous avons passé quelques minutes à nous réchauffer dans la voiture avant de partir en direction de ma cabine où nous avons vidé ma réserve de houblon en philosophant sur les rigueurs des expéditions hivernales et les mérites du mountaineer dans l’insuccès.