Thursday, September 18, 2008

q2. DG

DG avance une théorie sociohistorique recontextualisée par lui quant aux raisons de la prise de risque des grimpeurs. Il s'agit d'une grande théorie généralisatrice où la recherche de prestige et des partenaires sexuels les plus attrayants (socialement, individuellement) est à la base de toute entreprise humaine. Pour lui l'évolution de l'équipement en escalade est à cet égard conséquence de la compétitivité entre individus, mais aussi entre individus et montagne, et la recherche du succès. Paradoxalement, comme il soutient que plus de prestige est attaché à la prise d'un risque plus grand, et que l'équipement modère ce facteur intrinsèque à l'escalade, une certaine rationalité sous-tend le choix du grimpeur de s'engager dans un environnement risqué. Nous nous sommes entretenus DG et moi de la mystique de la grimpe - ce que Ortner (1999 : 36) dépeint insensiblement sous le thème de ­`Mountaineering en tant que critique de la modernité` -, et de la façon dont le mountaineer perçoit les changements sensibles de son environnement par le biais de son équipement, notamment pour DG par le truchement des skis, qui tiennent à tout instant le skieur informé sur la qualité de la neige. La réponse de DG à la question est donc ambivalente : mon informateur rationalise la prise de risque (minorant l'importance de l'équipement), mais indique que l'équipement contribue symétriquement à la finalité de la grimpe (comme de toute chose, dit-il), soit la conservation de l'espèce et la recherche de prestige (majorant l'importance de l'équipement).